ESCALE 4 : Le Maquis

 

J’ai mis un peu de temps à écrire ces lignes car l’expérience vécue au Maquis a été très particulière. Les lieux précédents avaient tous un je-ne-sais-quoi d’insaisissable, de lunaire, dans le sens de détaché de la vie « contemporaine ». Le Maquis, c’est différent. C’est concret. C’est frontal. La communauté s’est formée autour d’un projet de ferme collective d’agriculture paysanne pour sortir les terres agricoles de la spéculation foncière et leur redonner leurs fonctions premières. Nourrir le vivant en utilisant des procédés durables et respectueux et en développant des liens sociaux de proximité. La terre a un rôle économique mais surtout un rôle social et environnemental.

Je me faisais une joie de rencontrer les membres du Maquis, de comprendre et de tenter de transmettre leur démarche dans ce billet. Tout en sachant très bien que ce n’est pas en quelques jours que je peux saisir l’incroyable imbrication des relations qui se jouent au quotidien entre les membres, entre les membres, la terre et le projet et, entre la communauté et l’extérieur.

Mais je n’ai pas pu ni les interviewer, ni les prendre en photo.
Si j’ai été très bien accueilli en tant que personne, j’ai été mal perçu en tant que photographe. Pourtant, j’avais pris soin de les contacter au mois de mai pour leur présenter le projet et leur proposer de participer puis pour confirmer ma venue et les dates prévues.

Apparemment, les informations n’ont pas circulé comme le fallait et/ou n’ont pas été comprise par l’ensemble du groupe. Or leurs décisions sont prises collectivement.
De leur coté, tellement pris dans le rythme effréné journalier pour tenir la ferme et faire, en plus, la préparation de la saison (ils ouvrent un camping participatif pour l’été), c’est tout à fait compréhensible que mon projet ne soit pas leur priorité. C’est juste dommage que cette situation n’ait pas été éclaircie avant la veille de mon départ.

Ce qui est intéressant est que leur refus est catégorique contre l’image sous toutes ses formes. Ils ont conscience de la force de l’image et ont la hantise qu’elle puisse pervertir leur réalité. De ce fait, ils ne recherchent aucune médiatisation et préfèrent le concret, le lien et le palpable pour que l’interlocuteur se fasse une idée de ce qu’ils vivent. Leur engagement est profond, ils se donnent corps et âmes. Ils sont le projet. On ne peut pas s’imaginer l’intensité de cet investissement personnel si on ne le vit pas. Donc mon approche d’observateur de quelques jours s’apparente à leurs yeux à une semaine de vacances alternatives !

Au Maquis, on ne vit pas le rêve d’un monde meilleur, on vit le combat qui y mène. C’est un combat aux forces inégales. Mais c’est une lutte nécessaire et juste. Néanmoins, le collectif est fragile. La charge de travail est telle que les membres n’ont que peu de temps pour eux et la pression des banques qu’ils doivent rembourser est un fardeau au goût amer. C’est le prix de l’autonomie en proposant une alternative viable et festive. De plus, certains quittent la communauté et d’autres en partent. Ils sont donc à la recherche de 4 ou 5 personnes pour intégrer leur projet et ainsi mieux repartir les temps de travail.

 

Je vais quand même vous en dire un peu plus sur ce projet collectif en reprenant des éléments présentés dans le livret des campeurs 2014 qu’ils mettent à disposition à l’accueil.

Actuellement, le collectif est composé d’une dizaine d’adultes et de 2 enfants qui partagent le lieu de vie, les valeurs et le travail. Ils sont paysans ou en passe de l’être. Leurs valeurs communes sont :

  • L’abandon de la propriété privée ; les terres n’appartiennent à personne et à tout le monde
  • Le non enrichissement personnel ; tous les salaires des membres du collectif sont reversés à la caisse commune et chacun y pioche selon ses besoins et dans la limite du stock !
  • Développer l’agriculture paysanne et la faire perdurer ; ça veut dire prendre des positions intraitables concernant l’imposition de lois inappropriées votées à Bruxelles (par exemple: le puçage des troupeaux (plus d’infos ici ) ou le recours systématique aux antibiotiques)
  • Expérimenter la vie et le travail en collectif

 

 

 

 

 

 

 

Le Maquis est structuré selon plusieurs niveaux. La SCOP Cravirola encadre leurs activités agricoles telles que la fabrication et la vente de fromages de chèvre et de brebis, de pain et de bois de chauffe.

L’association Cultures du maquis est l’outil pour mettre en avant les dimensions politiques, culturelles, écologiques et sociales du lieu. Les activités portées par l’association sont le festival d’été, l’animation et la gestion du camping participatif, les chantiers solidaires, l’épicerie de la ferme (on y trouve tous les produits du Maquis et ceux des producteurs environnants) et la partie bar du Barricade (le bar resto du camping).

 

Diaporama des images réalisées pour l’exposition présentée à Barcelone.

 

L’ activité du camping est précieuse. Économiquement, car elle permet de soutenir financièrement le projet, de contribuer à ce qu’un tel lieu existe. Humainement car c’est un lieu engagé politiquement, un lieu de rencontres, d’échanges, de discussions, de débats qui peuvent être proposés par le collectif ou les campeurs.

Alors qu’est-ce qu’un camping participatif ?

C’est un cadre où il est possible de mettre en place des activités d’animations et de participer aux activités de l’association. Des tableaux sont disposés autour du lieu stratégique du bar. Ils servent de modes d’emploi pour s’organiser : planning des répartitions des tâches, propositions d’ateliers, co-voiturages et demandes en tout genres.

Les campeurs peuvent également donner un coup de main au bar, à l’accueil, au cinéma etc.. ainsi que pour les toilettes sèches et poubelles, le rangement de l’aire de jeu/bibliothèque, la piscine, les pluches des légumes, faire le crieur public, ou aider à la billetterie les soirs de spectacle…

Pour structurer tout ça, il est prévu, tous les lundi à 19h30, une réunion des campeurs. Elle sert à mettre en place le planning d’activité pour la semaine. C’est aussi l’occasion de créer du lien entre les membres du collectif, pas toujours disponible, et les campeurs. Cette rencontre permet à la vie participative de s’organiser et de rendre le lieu vivant, animé et enrichissant.

 

 

 

 

 

 

Au moment où j’ai visité Le Maquis, il y avait plus d’une 100aine de campeurs, de plusieurs nationalités, de tout âge et une mixité sociale importante. L’auto-gestion fonctionne relativement bien, la marge de liberté est vaste, s’en est déconcertant, et s’inscrire dans les activités participatives permet de rencontrer du monde. Les gens reviennent d’année en année et font passer le mot à leur retour de vacances. Il faut signaler que Le Maquis se trouve à quelques kilomètres de Minerve, une région idéalement située entre Toulouse, Montpellier et Perpignan. Le climat y est chaud et le vin très agréable !

Les personnes présentes ont cette envie de passer du bon temps, de rencontrer et de partager. Bref de trouver un vivre-ensemble simple et de la bienveillance naturelle ; du coup, la bonne humeur règne et l’ambiance est légère.

Un dernier point très intéressant du projet est la mise en place de passerelles entre les campeurs et les activités de la ferme. Une visite guidée de la traite est proposée ainsi que des rencontres pour discuter du projet et de sa gestion. Ces dispositifs de médiation sont super car ils permettent de sensibiliser et diffuser les informations autour de leur vie d’agriculteurs paysans. Et d’insister sur cette mission de redonner aux terres leurs valeurs paysannes.

Infos-contacts :

http://www.cravirola.com/

 

EXPOSITION 7

J’expose au Maquis, les images de la route qui m’a mené du Hameau des Buis à lui.

Je pensais pouvoir accrocher les images dans les arbres face au bar mais le temps, le vent et la pluie en ont décidé autrement. Je me réfugie entre le bar et la bibliothèque.

L’installation se fait mercredi 30.

Pour des raisons particulières, je n’ai pas d’image de cette exposition.

Voici les photos présentées:

ETAPE 4 : Le Hameau des Buis – Le Maquis

 

Samedi 19 Juillet

Le départ se fait sous une pluie fine. Un dernier temps de discussion avec la famille de Corinne. Départ vers 10h45, toujours la même sensation, content de reprendre la route et de pédaler vers une autre utopie. Ce passage au hameau m’a beaucoup apporté. L’impression d’avoir remis les pieds sur terre après l’énergie et l’euphorie des 1ères visites. Ici, le chantier de la vie collective se met en place. Et bien sur, c’est pas évident, ça prend du temps. Ça nécessite de travailler sur la résilience et sur des outils de communication collective appropriés à tous les membres.

Direction Alès. Je prends les petites routes, le vent se lève un peu et je n’avance guère. J’atteins Alès et décide d’y manger. Repas fait de jambon et du très bon fromage de Marco du Hameau.

Je découvre cette ville, que je pensais beaucoup plus petite.

Sur la route, je croise peu de gens, juste un enterrement. Je m’enfonce vers la plateau calcaire bas cévenole, vers la mer. La végétation se rapetisse, les odeurs de thym s’intensifient tout comme le chant des cigales…les nuages s’estompent et la chaleur s’installe.

La vigne s’impose dans le paysage. La garrigue aussi. Plus je me rapproche de Montpellier, plus les souvenirs reviennent : « ah, je connais ce coin, qu’est-ce que j’y ai fait ?… »

Je passe les 500km sur mon compteur. Un brin de fierté, beaucoup d’humilité aussi car ça représente à peine 1/5 de la distance estimée.

Image du kilomètre 500image prise avec le télephone portable

 

 

 

 

 

Peu de temps après je cherche un spot pour dormir. Une entrée de champ, je m’enfonce un peu et voilà, le beau champ plat et en friche. La soirée est chaude et belle.

 

Dimanche 20 Juillet

J’ai prévu une escale technique et familiale à Montpellier. Je suis à une 30aine de km de la ville. La pluie est tombée jusqu’au petit matin. Je me lève tranquillement et pars vers 9h. Quelques kilomètres après je passe la borne signalant mon entrée dans l’Hérault.

Je suis près du Pic St-Loup, quelques collines m’empêchent de le voir. Je fais un petit détour pour l’apprécier dans sa majestueusité accrochant les nuages d’orages prévus pour la fin de matinée.

Je reprends plein sud sur Montpellier. Encore un petit détour pour passer dans le centre ville. C’est dimanche, il n’y a pas grand monde, je circule paisiblement.

Arrivée juste pour l’apéro. C’est bien !

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Je reste 3 nuits. Le temps de récupérer quelques affaires et d’en laisser d’autres. Faire vérifier le vélo aussi…le couinement provenait de la colonne de direction qui était mal ajustée. J’ai eu de la chance de ne pas la casser et par la même occasion finir dans un fossé !

Je mets en place l’exposition le mardi matin, dans un square face au salon de thé où j’allais souvent à l’époque de mon passage à la fac de montpel’. Je trouve l’expo sympa et la scéno très réussie (cf rubrique « Expositions », article Exposition 6).

 

Mercredi 23 Juillet

Départ vers 10h30, chargé de bonne bouffe. Direction la mer que je vais longer jusqu’au Cap d’Adge. Je prends la piste cyclable qui mène à Lattes et croise quelques cyclistes qui vont à la mer. Je bifurque vers Maguelone avant d’atteindre Palavas. Pour l’instant, le temps n’est pas trop chaud et le vent faible. Je longe les étangs, fais coucou aux flamands rose encore blancs, bien plus intéressés par le fond de l’eau que mes salutations. Je vois la mer juste derrière la cathédrale.

Je pense pouvoir rouler à coté de la mer jusqu’à Sète. Je fais quelques centaines de mètres et m’enfonce de plus en plus dans une bande entre la mer et un étang, sur un sol mélangé de galets et de sable….il devient vite impraticable. Je demande mon chemin à un plagiste et comprends vite que je dois retourner sur mes pas et continuer la piste que j’avais quittée à Maguelone, il y a une petite demi-heure.

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Je reprends mon chemin sur cette piste relativement praticable, droite, plate et monotone. Je suis seul. Face à moi au loin, la colline de Sète. Le soleil est éclatant, la chaleur se fait plus lourde et le vent forcit. La méditerranée ! Je pense que les plus belles routes, vallonnées et ombragées sont derrières moi, j’entre dans l’anti-chambre de la fournaise.

J’arrive à Sète un peu desséché, je dois prendre soin de bien m’hydrater régulièrement et plus encore !

La ville, le monde, les voitures, la transition est assez brutale. Je rôde un sandwich, un perrier et un coin à l’ombre. À peine installé qu’un homme vient me voir. Il parle fort, fait de grands gestes. Il est en colère car il ne peut plus faire de sport à cause de ses genoux mal soignés par des médecins. Infections nosocomiales, guillaume depardieu, erreur médicale, tous pourris. Je savais que mon voyage, mon vélo et la remorque apportaient le rêve, stimulaient la curiosité, pouvaient procurer l’envie et je découvre qu’ils peuvent aussi bien provoquer la jalousie. Entre deux tirades, Lassen casque de vélo vissé sur le crâne, en profite pour engager la conversation autour de mon voyage et de celui qui l’a emmené jusqu’à Paris l’année dernière. Merci Lassen.

Il se fait déjà 15h, si je veux dormir sur les berges du Canal du Midi autour de Béziers, je dois reprendre la route.

Je monte sur la corniche de Sète, que je ne connaissais pas. Très belle vue, je comprends enfin Brassens, que j’imagine un peu plus haut à regarder l’horizon du sommet de son promontoire.

Je double un vieux monsieur un casquette de marin sur la tête chevauchant un vieux vélo avec plein de fruits et légumes sur son porte bagages. Je lui dis bonjour et pour réponse j’entends :

« – tu veux un melon ? Dis, tu veux un melon ? »

Il me laisse choisir un melon. Il est content ça en fait un de moins à porter. C’est le 4ème qu’il donne depuis la fin du marché !

Je le mangerai avec plaisir ce soir.

Je poursuis jusqu’au Cap d’Agde sur une piste cyclable entre la mer, les dunes interminables et les parkings tout aussi interminables de l’autre coté.

À la fin de la piste, pas de panneau de direction. À toi de choisir à gauche ou à droite !

Je prends à gauche et essaye de contourner Agde pour rejoindre la route qui me mènera au Canal du Midi, d’ici quelques kilomètres. L’aventure commence ! Finalement, je me retrouve sur une cote à 2 voies avec une 3ème sur ma droite qui mène sur l’autoroute. Je passe quelques minutes à me faire doubler par la gauche et par la droite. Je finis par entrer dans Agde. Je demande mon chemin. Je m’aperçois des limites de ma carte au 1/100 000ème, et google map sur mon petit téléphone n’est pas très pratique.

Bref, les indications d’une dame sont claires et une fois arrivé à la sortie de Agde, le chemin prévu, la départementale 612, est interdite aux vélos. Je fais un petit tour pour voir si d’autres alternatives s’offrent à moi. Apparemment rien. Un coup d’oeil sur la carte, peut être une route toute aussi passante à l’autre extrémité de la ville. C’est dommage car le canal tant rêvé se trouve à 2 kilomètres à peine après cette route interdite. Tant pis ! Je m’engage. Quelques autos me klaxonnent en faisant des gestes. Si si, les autos font des gestes! Je pédale. Passe sur un pont au dessus du Canal. Je bifurque à la 1ère à droite pour tenter de le rejoindre. Quelques centaines de mètres et je tombe sur une autre route réservée aux voitures. Il n’y a pas de sortie pour accéder au chemin menant au Canal qui se trouve juste là, en contre bas, je le vois. Re tant pis, je prends la sortie à contre sens, en serrant les fesses et en me faisant tout petit petit….à quand la route partagée partout ou des itinéraires cyclables complets et cohérents !

Enfin sur les berges du Canal du Midi.

Je fais encore quelques kilomètres le temps de me remettre de mes émotions, cherche un coin sympa pour poser la tente. Un marais avec flamands rose, limicoles  et autres canards. Parfait. Je me régale de mûres présentes dans les haies alentours.

J’appelle Le Maquis, le lieu vers lequel je me dirige, pour confirmer mon arrivée que j’estime en début d’après-midi le lendemain.

La journée a été longue, je profite doucement de la soirée.

 

Jeudi 24 Juillet.

Réveil aux sons de l’envol des flamands et de leurs discussions enflammées. Je pars tôt. La route du Canal est agréable, la piste très confortable. Je croise plus de monde. Passage des Ecluses de Fonséranes, de lieux chargés d’histoires et de vieux villages.

Il fait clairement chaud. Le soleil pique. Parfois la piste se transforme en chemin étroit et chaotique. Les paysages sont sympa, les kilomètres se gagnent difficilement.

Je fais le choix de rester le long du Canal plutôt que de reprendre la départementale. Je préfère le calme champêtre à la tempête de chaleur et des camions roulant pleins gaz.

Je quitte le Canal à Argeliers, il est 13h, je trouve un petit bar pour manger. Après le repas, je vais sur la place du village et me repose à l’ombre des platanes.

Je reprends la route vers 15h. J’arriverai sûrement tard au Maquis car mon énergie est mise à rude épreuve avec cette chaleur.

L’après midi sera chaude, longue et pénible. Chaque petite cote demande un gros effort, je ne pédale plus, je mouline. J’atteins difficilement Minerve, il est 17h. J’essaie d’appeler Le Maquis pour savoir où ça se trouve…pas franchement envie de faire ne serait-ce que 1km de trop ! Je suis cuit, complètement cuit. Il n’y a pas de réseau. Je demande à une femme de Minerve. Elle m’explique la route et me prévient que la prochaine montée sera longue, très longue et potentiellement difficile. En général, les gens ont tendance à exagérer vu qu’il fait chaud, que faire du vélo dans ces contrées est assez dur. Je m’engage sur la route prévue. Entame la montée, c’est raide et costaud. Je mets le pied à terre plusieurs fois. Allez encore un effort le sommet semble être derrière ce virage. La pente est moins raide mais le sommet toujours invisible. Je monte inexorablement sur le plateau. Je titube, j’halète. Pied à terre. J’en peux plus. Les cuisses brûlent. Brûlent, brûlent. À un moment, je décide marcher pour détendre mes muscles tétanisés.

Je remonte sur le vélo. Enfin une antenne pylône en vue, c’est le sommet. Hé bien non, toujours pas. La végétation de maquis a laissé la place à des chênes verts et érables. Un peu d’ombre. Le vent reste fort et de face. J’atteins ce sommet tant espéré plus d’une heure après avoir entamé la montée. Depuis le début, je n’ai jamais eu aussi mal. Vraiment mal.

La descente de l’autre coté est agréable, les paysages splendides. Je suis bienheureux de les voir. Peu de temps après, je bifurque pour atteindre Bois-Bas et Le Maquis. Une autre montée. Étonnement, je l’avale sans aucun problème, j’ai repris mes forces. J’arrive juste à la fermeture de l’accueil du camping participatif du Maquis.

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ESCALE 3 : Le Hameau des Buis

 

Corinne, la personne chargée de m’accueillir, m’avait prévenu. L’école est finie depuis quelques jours, beaucoup de familles sont parties en vacances, il n’y a pas grand monde au hameau. L’activité est au ralentie. Je décide de venir quand même, l’idée de découvrir un lieu et ses gens où le lien intergénérationnel est à la base de l’utopie me paraît super intéressant.

L’accueil par la famille de Corinne est très sympa. Après une visite du hameau, barbecue et finale du mondial dans le camping voisin sont au programme.

Je prends doucement possession de l’appartement que je partage avec Alain, venu finir son chantier de la « maisonnette ». C’est chouette, Alain, l’appart, la maisonnette…

Le lendemain, je refais un tour dans les lieux actifs pour me présenter et faire quelques images.

 

 

 

La fromagerie de Marco, le jardin, la cuisine et la salle commune. Je rencontre les quelques bénévoles qui restent durant cette période creuse. La vie du hameau tourne, effectivement, autour de l’école.

Je fais plusieurs aller/retour dans le hameau pour essayer de croiser ses habitants…pas grand monde…

Je passe encore beaucoup de temps à mettre le site à jour. Ça me rend forcément moins dispo… Il commence à faire très chaud, la probabilité de croiser des personnes diminue autant que les degrés montent !

Je sais que je pourrai frapper aux portes mais quelque chose m’en empêche. Je me sens bizarre, un truc comme le fait de ne pas se sentir à sa place. Je me rends compte aussi que, pour l’instant, toutes escales étaient dans des lieux soit pleinement aboutis, soit en pleine effervescence de l’euphorie. Ici, la construction est en passe d’être terminée, alors que le vivre ensemble n’en est encore qu’à ses prémices. J’ai l’impression de retrouver une vie conventionnelle dans un lieu alternatif.

Françoise et Philippe nous expliquent la création et les objectifs du Hameau.

 

Guillaume débarque, jeune osthéo vagabondant à la recherche, et d’un lieu qui lui corresponde, et d’un peu de lui-même. Il apporte avec lui son baluchon de fraîcheur et de candeur. Il ne reste pas longtemps. Quelques jours plus tard, je croise Florence venue également le saluer pour son départ. Elle m’aide à mettre des mots sur mon ressenti. Ce lieu est chargé en intensité, il possède une énergie vibratoire forte voire pesante quand on arrive, qui devient légère dès que le départ se fait sentir.

 

Françoise parle du fonctionnement et des relations du Hameau.

Le fonctionnement:

Les relations:

 

Une fois, le travail du site effectué, je me rends enfin pleinement disponible pour le lieu. Je vais me baigner dans la rivière en contre bas. L’eau fraîche sur le corps et le courant, s’autorisant un petit massage, me font le plus grand bien.

Au fil des rencontres, j’ai l’impression de mieux cerner le lieu et comprendre ce qui se joue ici.

Diaporama des images exposées à Montpellier.

 

Reste la sensation qu’il manque des articulations entre les habitants et les volontaires (bénévoles) mais également des passerelles entre les générations, notamment les actifs et les retraités. La question de l’autonomie financière se pose tant pour le hameau (la structure devant rembourser un gros prêt) que pour les personnes. Le hameau se trouvant relativement isolé, il est difficile pour les actifs de cumuler la vie de famille, l’investissement dans le lieu et le travail. Les écarts de rythmes de vie entre les statuts (actifs et retraités-pensionnés) peuvent amener des incompréhensions voire des tensions.

Ma perception est très limitée car le projet tourne principalement autour de l’école et nous sommes en période de vacances. Je n’ai pas pu prendre la mesure de l’ensemble des interactions se jouant entre les générations. Pourtant, l’utopie est belle et concrète. Le projet se confronte aux réalités et à ses propres contradictions pour avancer étapes par étapes, à son rythme et à celui de ses membres.

Le hameau existe bel et bien en tant que cadre, que structure. Il convient maintenant aux habitants de se retrouver autour d’un vivre-ensemble adapté aux besoins des 3 générations présentes sur le lieu et à toutes les activités développées sur place.

Contacts et informations:

http://www.la-ferme-des-enfants.com/

EXPOSITION 6

Je profite d’une petite pause à Montpellier pour exposer le travail réalisé au Hameau des Buis.

Cette série est visible dans le square Dominique Bagouet, niché sur le flanc de l’eglise St-Roch, coté rue Voltaire…

images expo 6_1 Lieu riche en souvenirs de l’époque où j’habitais la ville. Déjà, les discussions tournaient autour du mieux vivre ensemble et de la place des Hommes dans nos sociétés. Je n’ai jamais songé que j’exposerai des images sur le thème de l’utopie dans ces lieux!

images expo 6_2

images expo 6_3

 

Place aux 15 images

 

EXPOSITION 5

Les images du chemin entre Saillans et le Hameau des Buis sont exposées dans la maisonnette du Hameau.
Demandez à la visiter…

image expo 5_2   image expo 5_1

 

Voici les 14 images qui composent cette exposition

 

ETAPE 3: Saillans – Le Hameau Des Buis

Samedi 12 juillet

Retenu par le mauvais temps et la belle énergie des saillanssons et des saillanssones, je décide de reprendre la route le samedi 12…Le truc est que je mets beaucoup de temps à traiter la matière vidéo récoltée dans le lieu précédent. Il m’a fallu plus de 2 journées pour mettre à jour le site…menfin, j’ose espérer qu’avec le temps, je trouverai des automatismes.

Bref, donc départ le samedi matin après un bon petit déjeuner chez Joachim. Dès les 1ers tours de roue, je sens le bien être, je suis toujours autant étonné de me faire aussi plaisir à remonter sur le vélo, frais et disponible à ce qui va arriver. Petit rituel, pour bien mémoriser toutes ces émotions liées aux souvenirs, aux visages et aux rencontres, mettre de la musique et ancrer tout ça au plus profond.

01

Je quitte Saillans par l’allée des platanes, route de Crest. Au panneau indiquant la fin du village, je m’arrête pour prendre une photo et la facebooker.
Encore pris dans l’entre deux, entre la fin d’une escale et le début d’une étape, j’en oublie une de mes gourdes….je m’en rends compte plus de 5km plus loin…tant pis, cadeau au bienheureux qui la trouvera !

J’avale les kilomètres tranquillement, il fait un temps idéal, couvert et bon. J’emprunte l’itinéraire conseillé par Joachim. Tout au long de cette portion, je me dis que je suis content de les avoir rencontré, lui et ses filles. C’était tout juste 8 jours avant, je venais pour l’interviewer. On fait connaissance rapidement, enchaînons avec l’interview et avant la fin, il me propose de rester chez lui, il a une douche, des toilettes indépendantes et un bureau. Etant en transit dans le royaume de Mathieu, j’accepte, avec retenue mais grand plaisir, de planter ma tente dans son jardin.
Mes pensées vagabondent devant la simplicité du contact, de l’accueil et de la confiance de mes hôtes. Un immense merci à eux, Mathieu, Joachim et Fatiah.

02

Je rencontre peu de gens sur le chemin. Les paysages sont sympa, je m’enfonce toujours un peu plus vers le sud, la végétation évolue, les odeurs de pins s’intensifient. Le chant des cigales se fait plus présent. Puis j’accède à la plaine de Montélimar, un peu de vent de face mais ça reste franchement agréable.

0304

 

 

 

 

Je rentre dans la ville pour m’acheter un sandwich. Aux 1ers abords, ça semble tristoune, les visages également. Je demande mon chemin à un homme sans lumière dans les yeux. Je rode à la recherche d’une boulangerie qui inspire quelque chose…Hop, je choisis celle-ci. Le patron est dehors en train de fumer sa clope. On échange quelques mots. Il vient de Savoie. Il m’offre une dizaine de chouquettes en guise de déssert et de douceur. Comme quoi, parfois il suffit de creuser un peu pour trouver ce que l’on cherche.
Le vent s’est levé. Où vais-je déguster ce petit repas ? Ici, c’est bien. Devant la médiathèque, petite place, de l’ombre, du soleil, de quoi poser le vélo et mon derrière, et puis un peu de vie qui passe. Ça fait du bien aussi de changer les rôles. Ce coup ci, ce n’est plus les gens qui me regardent passer mais moi qui les laisse filer devant mes yeux immobiles…c’est bon les chouquettes !
Je me plonge entre la carte et la fonction google maps de mon téléphone pour trouver la meilleure route pour sortir de la ville. Les voitures m’oppressent et chercher son chemin en ville n’est pas commode.

Le nez dans la carte, un homme s’arrête avec son fils.
« -Vous êtes perdu ?
-Perdu non, mais je cherche à sortir de la ville par un accès sympa pour rejoindre ette piste cyclable de l’autre coté du Rhône. »

Après un temps, il me conseille de suivre le Roubion sur une piste en terre puis de rejoindre le Rhône jusqu’au pont qui me fera traverser.
Quelle bonne idée. Deux minutes et un feu rouge plus tard, je suis sur cette piste, dans la verdure à regarder les cygnes se prélasser sur le Roubion.

05

Je longe le canal, traverse le pont, je me retrouve sur une piste qui ressemble à celle qui m’a fait descendre le long de l’Isère. Du coup, relâche et pédalage en toute quiétude. Le soleil tape un peu sur le coco tout de même.

une petite musique à écouter pour l’ambiance.

Me voici à la fin de la piste. Je me reconnecte avec la réalité…où suis-je, par où aller ?
Un couple, je leur demande comment rejoindre Viviers. Ils m’expliquent, mais je dois dire que je ne comprends pas du tout. En même temps, un homme et deux jeunes à vélo qui m’entendent ne pas comprendre. Ils s’arrêtent, tentent également une explication. Je ne comprends toujours pas bien…
«-Fautalleràgauchepuispasserunpontpuisaufondsuivrecettedirectionaubouttourneràdroitenoncesttoutdroit et vous y êtes !»
Ok
je crois comprendre qu’ils y vont. Je les suis !

Ah c’que c’est bon de se faire guider quand on n’a pas compris où aller (on peut voir la vidéo ici , « The Master »)

Et hop, je traverse le Rhône et me voici en Ardèche !

Je passe quelques kilomètres sur la D107 avec camions et voitures puis je bifurque sur St-Thomé. Ascension que j’aurai imaginé beaucoup plus raide et là :
Paysages splendides, douceur et fraîcheur, bonheur. Je suis trop content d’aller dormir dans ces « montagnes »…j’explore ma « chambre » avec un sourire tranche papaye !
Je continue jusqu’après Valvignères, dernière ascension, qui brule les cuisses celle-ci, et je plante la tente là-haut au Collet de la Serre. Vue panoramique. Royale.
Nuit magique.

 

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Dimanche 13

Réveil tranquille. Je regarde le soleil se lever. Des mots l’accompagnent : « au fur et à mesure que le soleil se laisse aller, je découvre les mamelons embrumés de l’ardéchoise. De mon promontoire, vert et violet, s’entremêlent vigne, lavande et genévrier. »
Il faut bon, j’ai le temps et peu de kilomètres.
J’ai pris la décision d’exposer les images de Saillans à Vallon Pont d’Arc que je pense atteindre en fin de matinée. Je bois ma dernière goutte d’eau au petit déjeuner. Pas grave, le 1er humain que je croise, je lui demanderai de l’eau.
Je reprends la route en joie. De bon matin, à la fraîcheur de l’ombre, playlist en mode lecture aléatoire, les visages de celles et ceux ayant partagé ces musiques et de celles et ceux qui les partageront jaillissent de ces paysages. Des papillons dansent devant mes yeux et parfois descendent jusqu’au ventre. J’aimerai que cette route ne s’arrête jamais…
Un humain en vue. Il est dans le jardin de sa maison en construction. Je lui demande de l’eau. Merci Charles de ce chouette moment.

06

Je redescends vers la civilisation, avec mon eau et mon vélo. La route serpente le long de l’Ibie jusqu’à Vallon Pont d’Arc. Reposant.
Arrivé à Vallon, je prends le temps de me balader pour trouver un coin où exposer. Ce sera les marches de l’église des Réformés.
Puis je reprends la route. Toujours tranquille, la chaleur s’installe et l’énergie me quitte un peu. J’ai du mal à avancer, tous les prétextes sont bons pour une pause, photo, achat d’abricots, boire une bière en terrasse….mora-mora.
Je profites.
Sur ma journée de 7h sur la route, j’ai fais 3h30 de vélo….à ce train, je ne suis pas rendu !!
L’orage guette, ça me sort un peu de cet état devenu quelque peu végétatif. Je fais un détour de 20 bornes, pour arriver au Hameau des Buis. Je me suis rendu compte que je ne savais pas où c’était un peu trop tard ! J’arrive une fois de plus à éviter l’averse. Profite Bastien, encore un peu !
Me voici au Hameau, je suis logé dans un appartement que je partage avec Alain. La classe.

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ESCALE 2: Saillans

 

Pourquoi ai-je choisi Saillans comme escale, est-ce un lieu « communautaire » d’utopie réalisée ?

Une communauté est littéralement un groupe de personnes (« cum ») qui partagent quelque chose (« munus »). A Saillans, durant le dernier mandat du maire sortant, une majorité d’habitants se sont retrouvés autour d’une idée. Faire de la politique autrement. Ces mots sonnent comme un beau slogan démagogique dont nous ont abreuvé les gens dont le métier est de faire de la politique. Mais dit par un groupe de citoyens, ils prennent tout leur sens. FAIRE de la politique. Ne plus accepter que nos élus décident de ce qui est bon pour nos territoires sans nous demander notre avis.

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Le village de Saillans est idéalement situé, le long de la Drôme (lien wikipédia), niché au pied des « Trois becs » entre le Diois et le Vercors. Cette situation lui a conféré une place prépondérante dans l’histoire du peuplement de la région.

Depuis mars 2014 et les élections municipales, la petite commune n’est plus tant un carrefour géographique qu’une place idéologique où le terme de « Cité » a repris son sens (communauté politique, dans l’antiquité, dont les membres s’administraient eux-mêmes). Ce mot vient du Grec ancien Polis. Et par Polis, il est entendu : une communauté de citoyens libres et autonomes.

resultats elections

Avec un taux de participation avoisinant les 79% lors de ce 1er et unique tour, une liste collégiale et participative portée par un groupe de citoyens, est élue avec 57% des voix. Ce résultat montre à quel point les habitants ont pris toute la mesure de leur pouvoir d’agir. Ensemble, bien que tous différents, ils ont fait le pari d’expérimenter une politique faite de sens, de cohérence et de liens.

Voici une vision à 4 voix de la création et des objectifs de la liste collégiale élue aux dernières élections.

 

 

Les membres de la liste avaient ce document comme support de communication (cliquez sur le lien, une page PDF va s’ouvrir)  document de campagne

Ils sont conscients du caractère innovant de leur démarche et savent qu’avec leur élection, ils sont entrés dans un monde inconnu. Ils devront faire l’expérience de cette nouvelle forme de gouvernance, se remettre en question, écouter, s’écouter, se former à certaines compétences, bref apprendre,  comprendre et s’entendre….ensemble.

Microsoft PowerPoint - fct_saillans_Maud [Mode de compatibilité]SCHEMA DE FONCTIONNEMENT

 

 

Sabine nous explique le fonctionnement du conseil municipal.

Et Patrick nous parle de celui du conseil des sages

Car la grande originalité c’est surement la création de ce conseil des sages veillant au bon fonctionnement des outils de collégialité et de participation. Ce conseil sera la caution, le guide et le principal soutien des élus. Il est composé de membres de la liste collégiale et d’habitants (à partir du 2ème semestre). Tous les membres du conseil s’engagent à démissionner à la fin de la mandature.

 

 

Diaporama du travail photographique réalisé sur Saillans

 

 

Vincent a été élu maire pour ses compétences, sa motivation mais surtout pour sa disponibilité. Il revient sur son élection.

 

 

Une fois élue, la nouvelle municipalité a continué à informer les habitants sur le fonctionnement des commissions participatives et les différentes possibilités pour eux d’intervenir dans le processus de choix des orientations de la politique menée.

 

Exemples de documents diffusés et affichés dans la commune, le mode d’emploi des commissions participatives

mode emploi commissions participatives

 

Et l’agenda Juillet-Aout, où sont répertoriés tous les évènements d’animations municipales dont les réunions publiques, commissions et autres comités de pilotages.

agenda juillet-aout

 

 

Faire le choix de se réapproprier son territoire est une expérience audacieuse et nécessaire. S’intéresser aux affaires de la « Cité », à la gestion du lieu où l’on vit, où l’on scolarise ses enfants, où l’on passe la majorité de son temps, devrait être naturel. Cela demande du temps et de la disponibilité mais participer aux décisions concernant le vivre-ensemble, n’est-ce pas une étape fondamentale pour se réapproprier sa vie, faire ses choix….

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Ce qui m’a interpellé dès mon arrivée dans le village, c’est l’ambiance qui résonnait entre les gens. Je pourrai même écrire « raisonnait ». Ces gens, tous pas pareil (et heureusement), l’assumant et l’exprimant chacun à sa manière. Qui avec sa tenue vestimentaire, avec sa coupe de cheveux, avec son causer particulier, avec ses rêves, avec son accent, avec sa manière de vivre sa vie et de voir les choses. L’idée de se sentir libre d’être soi est présente. Bien sur, ça reste un village avec ses « cancans » et ses « ladilafé » mais même si la différence est relevée et elle semble bien acceptée.

La parole circule, les informations s’échangent et les réseaux s’en nourrissent. Des liens se tissent entre les individus. Le partage et l’échange deviennent spontanés. Sabine raconte les relations dans cette liste collégiale.

A travers cette dynamique, un climat de confiance et d’accueil rayonne de ce noyau. Et des petits miracles de la vie quotidienne se produisent un peu partout que ce soit au café associatif « L’oignon » ou dans certains écarts comme dans « Le royaume de Mathieu », chez Christelle et Gabriel…ou encore plus loin dans la commune de Véronne. Les défricheurs de conscience sont en marche…

Mais attention à l’euphorie, comme le dit Vincent.

Cette nouvelle interprétation de la politique souffle comme un vent d’espoir. Il emporte une majorité des habitants dans un tourbillon joyeux où l’avenir fait moins peur car partagé. Cela ne doit pas occulter certaines personnes en marge, pouvant se sentir exclues de cette énergie. Pour des raisons qui sont les leurs, vivre bien et être heureux sont des concepts enfouis au plus profond de leur conscience et rarement stimulés. Bref, le bonheur n’est pas à l’ordre du jour pour eux. Bercés par le ronron cathodique des nouvelles sans joie, ils attendent le crédit médiatique pour s’autoriser à vivre ce bonheur. Chacun a son propre chemin pour s’émanciper de la torpeur et surtout chacun y progresse à son rythme.
Ainsi tout le challenge de cette utopie est de permettre d’élever la conscience citoyenne de tous les habitants de Saillans. De leur donner réellement la possibilité d’agir pour ne plus subir. Si la capacité de l’homme à devenir lui-même se réalise grâce aux rencontres comme le dit Albert Jacquart, alors souhaitons aux élus de la liste collégiale et participative d’user leurs semelles pour faire et refaire les pas vers les résidents de la commune s’imaginant incapables d’accéder à ce pouvoir d’agir. M’est d’avis que l’on peut leur faire confiance, ils expérimentent quotidiennement depuis presque 1 an, le vieil adage « la différence c’est la vie! »

 

Infos-contacts :

association de veille citoyenne précurseur du groupement

http://www.paysdesaillansvivant.fr/

site de la municipalité

http://www.mairiedesaillans26.fr/

 

 

 

 

 

saillans

EXPOSITION 4

Les images du travail sur Saillans sont présentées sur les marches de l’église des Réformés de Vallon Pont d’Arc.

Ce choix c’est imposé par le symbole de l’opposition de la « Réforme » face à l’ordre établi mais aussi par la situation de cette église, située au bout de l’une des principales rues touristiques de Vallon. La taille des marches en hauteur était idéale et la largeur de l’escalier propice à l’expo. J’ai attendu quelques minutes le temps de voir comment la vie s’organisait autour du lieu et je me suis lancé. Aucun curieux, aucune question…

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ETAPE 3-7070wA croire que dans ce monde individualiste, on puisse facilement s’approprier l’espace public sans soucis….Avis à tous les artistes en quête de lieux d’exposition!!

 

 

 

 

 

Voici les 13 images de Saillans

 

 

EXPOSITION 3

Le très beau chemin pour arriver à Saillans depuis St-Antoine l’Abbaye est exposé sur les murs de l’église St-Géraud de Saillans.

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image téléphone portable

 

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Place aux images de l’étape 2. J’en profite pour remercier la municipalité de Saillans pour son soutien dans ce projet…