ETAPE 5 : Le Maquis (Bois-Bas) – Barcelone

 

Jeudi 31 Juillet

Départ du Maquis vers 17h…le temps de dire au revoir à tous les gens rencontrés sur le camping mais aussi éviter de reprendre le vélo. Les derniers kilomètres pour arriver ont été tellement dur que j’appréhende la remontée sur Caracoles. Quand il faut, il faut…Faut juste trouver le bon moment, avoir réellement envie..ça permet aussi d’éviter les grosses chaleurs qui sont de retour.

Je pars donc avec une sensation étrange, certaines choses se sont passées ici et ça fait du bien de s’y confronter.

Je profite du moelleux de cette fin de journée pour, finalement, m’éclater sur le vélo, des pensées, des visages, des mots dans la tête, des émotions dans le corps et le paysage qui défilent à toute vitesse devant les yeux.

La descente du Bouys est douce, belle, amer et trop rapide…(cf la vidéo dans la rubrique « progression »)…vers la fin, une voiture me double avec Rebecca, sa nièce et l’ami de sa nièce. Sacré personnage. Rebecca, je t’emporte avec moi jusqu’à Séville voire plus loin.

L’oxygène abreuve mes synapses. Je trouve un coin super sur les berges du Canal du Midi, près de Ventenac, pour y poser la tente et le reste !

Vendredi 1er Août

L’objectif d’aujourd’hui est d’atteindre Narbonne, prendre une chambre d’hotel et passer la journée dedans à éditer les images, monter les vidéos, les publier sur le net et mettre à jour le site. Ca tombe bien, la météo annonce de violents orages dans la région. Mission réalisée avec succès. Je peux repartir l’esprit plus tranquille.

 

Samedi 2 Août

Je pars tôt. Un sentiment de tristesse grandit au fur et à mesure que je pédale. L’idée, peut être, que l’année dernière je faisais cette route en sens inverse dans un état d’esprit complètement différent. Il a aussi, bien sur, certains événements qui font remonter des choses pas très gaies puis des rencontres qui font réfléchir…bref, le temps est maussade à l’extérieur comme à l’intérieur, la route est plate et bien tracée….je roule.

A Port La Nouvelle, la tristesse est à son paroxysme. Je décide d’agir efficacement, un bon éclair au chocolat et une grille du loto.

 

 

Le vent se lève. Les pistes cyclables s’enchaînent, presque monotones. Je roule toute la journée…en fin d’après-midi, j’aperçois les Pyrénées au loin et surtout les nuages noirs qui les surplombent. Le tonnerre gronde. J’avance pour quitter la zone touristique et me trouver un coin pas trop désagréable pour la nuit et, si possible, avant l’orage qui se rapproche. Vers 17h, de grosses gouttes s’éclatent sur mon casque, ça fait de gros splotch. Vite, une route à droite, des champs, une entrée, au fond, à droite, je longe le champ, un bosquet. Yes, ici c’est bien. L’orage éclate quelques minutes plus tard. Je suis sous la tente au sec. C’est bel !

Dimanche 3 Août

Aujourd’hui j’attaque les Pyrénées. Je m’arrêterai à Cerbère (soit une 30aine de bornes) car il y a un colis en poste restante qui m’attend. Ce sont des connectiques qui me permettent de charger mon ordinateur sur une batterie (récupérée à Montpellier) et ainsi gagner en autonomie.

À peine sur la route principale, je vois 2 cyclotouristes devant moi. J’essaie de les rejoindre…ils sont stoppés net car, sur la piste cyclable, une joggeuse s’est arrêtée pour les laisser passer et un autre vélo lui est rentrée dedans, à la joggeuse. Je m’arrête à mon tour pour voir si je peux aider à quelque chose. Je reprends vite le chemin, il n’y a rien de grave et ça commence à gueuler. Ils me retrouvent à l’office de tourisme d’Argelès. Mathieu et Roberto cherchent aussi une route sympa pour passer la frontière. Du coup, on fait un peu de chemin ensemble. Ils sont plus rapide donc ils partent devant et on se rejoint de temps à autres.

Les choses sérieuses commencent après Port-Vendre. Il fait chaud et le dénivelé s’accentue inexorablement ! Puis une fois en haut, une jolie descente aussi longue de quelques kilomètres et ainsi de suite jusqu’à Cerbère. Les paysages sont chouettes, les automobilistes relativement prudents. Toutes les excuses sont bonnes pour faire une petite pause, une photo, regarder la mer, discuter avec Mathias, mettre des chaussettes dans mes savates pour absorber un peu la transpiration, boire et boire…on va à peu près à la même allure avec Mathieu, on a perdu Roberto assez rapidement, ils vont tous les 2 à Barcelone et se sont rencontrés 1h avant que je ne les croise !

Roberto vient de Rome et Mathieu de Nice.

 

 

La pancarte de Cerbère. On fait une petite photo Mathieu et moi. Puis Roberto nous rejoint. Il a prit un temps pour regarder la mer plus haut !

Mathieu nous paie un coup à boire, c’est finalement là qu’on fait un peu plus connaissance. Ils reprennent la route. Je trouve à me loger et direction la plage. Pas de chance, le drapeau est rouge dû aux forts orages de la veille. Je fais trempette quand même et bien que court, ça fait du bien !

Images issues de la 1ère partie du trajet, jusqu’à la frontière.

 

 

Lundi 4 Août

 

Au programme aujourd’hui, après avoir récupéré le colis à l’ouverture de la poste, passage de la frontière, à 4 kilomètres de Cerbère.

Encore une belle journée, chaude et avec beaucoup de dénivelé. Pas forcément importants les dénivelés mais ils s’enchaînent. Ça monte et ça redescend. Je passe la frontière rapidement et découvre la signalétique espagnole. (Je vous conseille la vidéo « le col des Belitres » dans la rubrique « progression » si vous souhaitez voir ma trogne en plein effort!)

Les routes sont belles, assez larges. Avant de quitter le littoral à Llança, je fais un plouf bien appréciable. Je me rince un brin avec l’eau de ma bouteille. Elle est plus fraîche que la mer !

J’entame une portion moins sympa, je rentre dans les terres, il fait chaud, beaucoup de circulation, le vent de face.

Hâte que ça se termine. Une bonne pause pour déjeuner à l’ombre et micro sieste entrecoupée de piqûres d’insectes en tout genre. Je reprends la route vers 15h. La route renvoie la chaleur de la journée. Je fais quelques pauses pour de l’eau, acheter des fruits, légumes et penser aux prochains repas.

Je décide de faire quelques détours pour éviter les routes trop passantes. Ça devient plus agréable. Vers 17h30, claqué, je cherche un coin pour mettre la tente. Je n’ai plus mes repères, je mets un peu plus de temps à trouver un spot sympa.

Une entrée de champ à quelques centaines de mètres d’une habitation. Je fais quelques étirements, regarde le paysage, plante la tente et je vois arriver un 4×4. C’est le propriétaire du champ. Il vient vérifier qui je suis et ce que je fais. Il parle un chouillat français. Il semblerait que j’ai l’air sympa. Il me laisse dormir ici ce soir.

Comme chaque soir, je me régale à m’allonger sur le matelas et juste rien faire. Un peu de lecture et dodo.

Mardi 5 Août

La résolution est prise, je pars aussi tôt que je peux pour bien avancer le matin et y aller piano l’après midi, avec une petite sieste si elle s’impose. Je traverse la plaine de l’Empordà. A Toroella, je tombe sur une piste cyclable, splendide, ombragée, elle me fait passer entre chemins vicinaux et petits villages. Une 10aine de kilomètres très agréables. Petite pause à La Bisbal et visite de l’office de tourisme pour m’enquérir des routes sympa, une autre piste cyclable jusqu’à Barcelone, par exemple ! Il n’y a plus de piste avant la côte. Et pour la rejoindre, je dois traverser le massif des Gavarres. Un petit col, bien sympa tout en faux plat plus ou moins faux. Je passe le cap des 1 000 km lors de l’ascension.13

 

La descente me ramène sur vers la mer. Pour fêter ça, je me paie un petit resto sur la promenade de la plage de Platja d’Aro.

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J’en profite pour faire sécher la toile de tente. Je pense prendre un peu de temps mais le vent se lève au Nord, Nord-Est, il est dans mon dos et quelques nuages poussent dans le ciel. Je révise mon plan et enfourche Caracolès pour profiter de ces conditions et parcourir la Costa Brava sur la route mythique ( ?) Gi 682.

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C’est marrant, je ne la savais aussi sportive cette côte. C’est un peu les montagnes russes comme au niveau des Pyrénées mais avec peu de dénivelés et relativement courts, m’enfin, ça monte suffisamment longtemps pour appuyer de longues minutes sur les pédales si je veux avancer. Ce yo-yo dure sur 15 km. Montée de 1 km, descente de 1 km, montée, descente, montée, descente…Je ne vais toutes vous les faire mais je vous assure que c’est juste un peu trop long…d’ailleurs Caracoles en a marre aussi et gentiment, en toute simplicité, il décide de se casser 2 rayons de ma roue arrière en haut d’une côte. Ca faisait quelques longues minutes que j’entendais un bruit étrange! Je me borde sur le coté, tranquillement mange une petite douceur. A peine ai-je pris une bouchée qu’un cycliste surgit, descend de sa monture et me demande ce que j’ai. Je lui montre mes rayons. Aïe, ça semble grave. Personnellement, je n’y connais pas grand chose. La dernière fois que j’ai crevé, ça devait être sur mon Bi-Clown, y a 20 ans ! Sinon, j’essaie de ne pas trop trifouiller tant que ça roule bien. Bref, il me montre comment dévisser les rayons. Il me propose de m’accompagner jusqu’à Tossa (à 8 km) comme ça si j’ai un souci, il est là. Sympa ! Il me desserre le frein aussi pour limiter au maximum la pression sur la roue. J’ai pas fait 100 m que bam, encore 2 rayons. Ca se complique sérieux. Lorsque j’en dévisse un, je me trompe de sens….donc je crève ma chambre à air.

« – Ahahah, a real beginner » me dit-il.

« – Héhé, et je suis là pour apprendre ! »

Bon, ça ne le fait pas trop rire, il sent la galère et mesure le poids du « contrat moral » qui me lie à lui depuis qu’il s’est arrêté ! Il me demande si ça ne me dérange pas de l’attendre ici, il va chercher sa voiture et me ramène à Tossa. Ah bah, une proposition comme ça, ça ne se refuse pas du tout, bien au contraire. Il y a pire endroit pour être en galère. Je vais l’attendre 2 heures, à l’ombre d’un chêne vert à regarder tantôt la falaise tantôt la mer.

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Il m’amène directement au seul camping du centre ville. Dans la voiture, qui est plus un mini bus et heureusement vu la taille de mon barda, il me dit qu’à une époque il y avait un magasin de vélo à Tossa. Existe-t-il encore ? Et si il existe, aura-t-il de quoi réparer sur place ? Sinon, il me parle de l’option d’aller à Girona en bus, avec ma roue. J’y trouverai à coup sur une solution. Ok, si il le faut…

Au camping, je demande un emplacement et le magasin. Il est 18h40, il ferme probablement à 19h. J’ai à peine le temps de demander à Godfried son adresse et de le remercier que je suis sur le peu de Caracolès qu’il me reste. Ensemble sur la route du magasin.

Là-bas, je suis reçu par un vieux briscard à la gueule d’amoureux de la petite reine. Il regarde Caracolès comme si c’était un bonbon en cristal…je le laisse prendre les choses en main et n’en perds pas une miette. A peine 15 min plus tard, c’est fini. Réparé. Comme neuf. Il me dit dans un français hésitant nettement meilleur que mon espagnol :

« – Je te fais le prix longue distance…5 € ».

Je retourne au camping m’installer, prendre une douche puis je ressors boire une bière à la santé des Autres, ces bonnes Fées qui gravitent autour de nous, à la santé de ma bonne étoile aussi bien sur puis enfin, à la santé de ces 1 000 premiers kilomètres qui auraient pu être les derniers !

Car il faut savoir qu’en regardant mon compteur, ce soir, j’ai appris que j’avais atteint la vitesse de 58,2 km/h et je n’ose pas imaginer ce que ça fait de casser un rayon ou deux à cette vitesse !

Mercredi 6 Août

Je pars un peu tard. Quoi ? de quelle résolution vous me parlez ? Je ne comprends pas…

Je quitte la Costa Brava assez péniblement, je dois avouer. C’est la 1ère fois dans ce voyage que j’enchaîne 7 jours de vélo. Les fesses me font mal, enfin ! je serai tenté de dire. Donc après la collineuse Brava, je découvre la plane Costa Maresme.

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Je suis sur la nationale II. C’est pas très sexy mais bon. Je décide de pousser au maximum le matin jusqu’au début d’aprèm pour ensuite me caler à la plage toute la fin de journée, car je sais que si je peux atteindre Barcelone aujourd’hui ce sera tard et très fatigué. Ça ne donne pas très envie.

Donc, j’avance et rode un coin sympa. J’arrive sur Mataro vers 14h, tout est fermé et je ne vois plus de camping sur la route. J’y mange, me repose. Vers 16h, je repars. Il va pleuvoir et j’aimerai savoir où je vais dormir avant l’avalasse. Trop tard. Je me réfugie sous un porche. Puis demande à quelqu’un un endroit où passer la nuit. Il y a l’hôtel là à quelques minutes, sinon faut faire plus de kilomètres. Ok, c’est raté pour la plage. Du coup, je prends un bain dans la baignoire de l’hôtel !

Jeudi 7 Août

Je prends tranquillement mon temps pour faire les quelques 27 km qui me séparent de Barcelone. Je pars vers 9h30 pour éviter le flux des travailleurs et pour que les offices de tourisme soient ouverts. Je ne sais pas où je vais dormir, malgré mes demandes sur Couchsurfing, Bewelcome et Warmshower, les quelques réponses que j’ai sont négatives ou les gens se désistent au dernier moment ! Ce sera donc une auberge de jeunesse.

J’arrive en fin de matinée. Les rues sont remplies de touristes, tout ce monde, ces voitures, dans tous les sens et avec ma remorque, c’est pas commode du tout…je me réfugie vite à l’auberge. Vers 18h30, j’ai rencard avec Yves (un dalon de La Réunion) pour boire une bière. On passe la soirée ensemble avec son fils. Un petit air de vacances !

Images issues de la 2nde partie du trajet, de la frontière à Barcelone.

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