ETAPE 3: Saillans – Le Hameau Des Buis

Samedi 12 juillet

Retenu par le mauvais temps et la belle énergie des saillanssons et des saillanssones, je décide de reprendre la route le samedi 12…Le truc est que je mets beaucoup de temps à traiter la matière vidéo récoltée dans le lieu précédent. Il m’a fallu plus de 2 journées pour mettre à jour le site…menfin, j’ose espérer qu’avec le temps, je trouverai des automatismes.

Bref, donc départ le samedi matin après un bon petit déjeuner chez Joachim. Dès les 1ers tours de roue, je sens le bien être, je suis toujours autant étonné de me faire aussi plaisir à remonter sur le vélo, frais et disponible à ce qui va arriver. Petit rituel, pour bien mémoriser toutes ces émotions liées aux souvenirs, aux visages et aux rencontres, mettre de la musique et ancrer tout ça au plus profond.

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Je quitte Saillans par l’allée des platanes, route de Crest. Au panneau indiquant la fin du village, je m’arrête pour prendre une photo et la facebooker.
Encore pris dans l’entre deux, entre la fin d’une escale et le début d’une étape, j’en oublie une de mes gourdes….je m’en rends compte plus de 5km plus loin…tant pis, cadeau au bienheureux qui la trouvera !

J’avale les kilomètres tranquillement, il fait un temps idéal, couvert et bon. J’emprunte l’itinéraire conseillé par Joachim. Tout au long de cette portion, je me dis que je suis content de les avoir rencontré, lui et ses filles. C’était tout juste 8 jours avant, je venais pour l’interviewer. On fait connaissance rapidement, enchaînons avec l’interview et avant la fin, il me propose de rester chez lui, il a une douche, des toilettes indépendantes et un bureau. Etant en transit dans le royaume de Mathieu, j’accepte, avec retenue mais grand plaisir, de planter ma tente dans son jardin.
Mes pensées vagabondent devant la simplicité du contact, de l’accueil et de la confiance de mes hôtes. Un immense merci à eux, Mathieu, Joachim et Fatiah.

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Je rencontre peu de gens sur le chemin. Les paysages sont sympa, je m’enfonce toujours un peu plus vers le sud, la végétation évolue, les odeurs de pins s’intensifient. Le chant des cigales se fait plus présent. Puis j’accède à la plaine de Montélimar, un peu de vent de face mais ça reste franchement agréable.

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Je rentre dans la ville pour m’acheter un sandwich. Aux 1ers abords, ça semble tristoune, les visages également. Je demande mon chemin à un homme sans lumière dans les yeux. Je rode à la recherche d’une boulangerie qui inspire quelque chose…Hop, je choisis celle-ci. Le patron est dehors en train de fumer sa clope. On échange quelques mots. Il vient de Savoie. Il m’offre une dizaine de chouquettes en guise de déssert et de douceur. Comme quoi, parfois il suffit de creuser un peu pour trouver ce que l’on cherche.
Le vent s’est levé. Où vais-je déguster ce petit repas ? Ici, c’est bien. Devant la médiathèque, petite place, de l’ombre, du soleil, de quoi poser le vélo et mon derrière, et puis un peu de vie qui passe. Ça fait du bien aussi de changer les rôles. Ce coup ci, ce n’est plus les gens qui me regardent passer mais moi qui les laisse filer devant mes yeux immobiles…c’est bon les chouquettes !
Je me plonge entre la carte et la fonction google maps de mon téléphone pour trouver la meilleure route pour sortir de la ville. Les voitures m’oppressent et chercher son chemin en ville n’est pas commode.

Le nez dans la carte, un homme s’arrête avec son fils.
« -Vous êtes perdu ?
-Perdu non, mais je cherche à sortir de la ville par un accès sympa pour rejoindre ette piste cyclable de l’autre coté du Rhône. »

Après un temps, il me conseille de suivre le Roubion sur une piste en terre puis de rejoindre le Rhône jusqu’au pont qui me fera traverser.
Quelle bonne idée. Deux minutes et un feu rouge plus tard, je suis sur cette piste, dans la verdure à regarder les cygnes se prélasser sur le Roubion.

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Je longe le canal, traverse le pont, je me retrouve sur une piste qui ressemble à celle qui m’a fait descendre le long de l’Isère. Du coup, relâche et pédalage en toute quiétude. Le soleil tape un peu sur le coco tout de même.

une petite musique à écouter pour l’ambiance.

Me voici à la fin de la piste. Je me reconnecte avec la réalité…où suis-je, par où aller ?
Un couple, je leur demande comment rejoindre Viviers. Ils m’expliquent, mais je dois dire que je ne comprends pas du tout. En même temps, un homme et deux jeunes à vélo qui m’entendent ne pas comprendre. Ils s’arrêtent, tentent également une explication. Je ne comprends toujours pas bien…
«-Fautalleràgauchepuispasserunpontpuisaufondsuivrecettedirectionaubouttourneràdroitenoncesttoutdroit et vous y êtes !»
Ok
je crois comprendre qu’ils y vont. Je les suis !

Ah c’que c’est bon de se faire guider quand on n’a pas compris où aller (on peut voir la vidéo ici , « The Master »)

Et hop, je traverse le Rhône et me voici en Ardèche !

Je passe quelques kilomètres sur la D107 avec camions et voitures puis je bifurque sur St-Thomé. Ascension que j’aurai imaginé beaucoup plus raide et là :
Paysages splendides, douceur et fraîcheur, bonheur. Je suis trop content d’aller dormir dans ces « montagnes »…j’explore ma « chambre » avec un sourire tranche papaye !
Je continue jusqu’après Valvignères, dernière ascension, qui brule les cuisses celle-ci, et je plante la tente là-haut au Collet de la Serre. Vue panoramique. Royale.
Nuit magique.

 

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Dimanche 13

Réveil tranquille. Je regarde le soleil se lever. Des mots l’accompagnent : « au fur et à mesure que le soleil se laisse aller, je découvre les mamelons embrumés de l’ardéchoise. De mon promontoire, vert et violet, s’entremêlent vigne, lavande et genévrier. »
Il faut bon, j’ai le temps et peu de kilomètres.
J’ai pris la décision d’exposer les images de Saillans à Vallon Pont d’Arc que je pense atteindre en fin de matinée. Je bois ma dernière goutte d’eau au petit déjeuner. Pas grave, le 1er humain que je croise, je lui demanderai de l’eau.
Je reprends la route en joie. De bon matin, à la fraîcheur de l’ombre, playlist en mode lecture aléatoire, les visages de celles et ceux ayant partagé ces musiques et de celles et ceux qui les partageront jaillissent de ces paysages. Des papillons dansent devant mes yeux et parfois descendent jusqu’au ventre. J’aimerai que cette route ne s’arrête jamais…
Un humain en vue. Il est dans le jardin de sa maison en construction. Je lui demande de l’eau. Merci Charles de ce chouette moment.

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Je redescends vers la civilisation, avec mon eau et mon vélo. La route serpente le long de l’Ibie jusqu’à Vallon Pont d’Arc. Reposant.
Arrivé à Vallon, je prends le temps de me balader pour trouver un coin où exposer. Ce sera les marches de l’église des Réformés.
Puis je reprends la route. Toujours tranquille, la chaleur s’installe et l’énergie me quitte un peu. J’ai du mal à avancer, tous les prétextes sont bons pour une pause, photo, achat d’abricots, boire une bière en terrasse….mora-mora.
Je profites.
Sur ma journée de 7h sur la route, j’ai fais 3h30 de vélo….à ce train, je ne suis pas rendu !!
L’orage guette, ça me sort un peu de cet état devenu quelque peu végétatif. Je fais un détour de 20 bornes, pour arriver au Hameau des Buis. Je me suis rendu compte que je ne savais pas où c’était un peu trop tard ! J’arrive une fois de plus à éviter l’averse. Profite Bastien, encore un peu !
Me voici au Hameau, je suis logé dans un appartement que je partage avec Alain. La classe.

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